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Jesmyn Ward - Le chant des revenants (2019)
Quand les fantômes donnent de la voix...
By Baou Ima Posted in Baou Ima, Roman, USA on 4 février 2020 One Comment
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Le Chant des revenants
Jesmyn WARD
Editions Belfond, 2019

Jesmyn WARD est une auteure afro- américaine né en 1977 à Deslisle dans l’état du Mississipi. En 2017 elle a été récompensée du National Book Award puis du Prix America en 2019 pour Le Chant des revenants.

Honnêtement, quand j’ai lu le titre de ce livre, Le Chant des revenants, j’ai cru que c’était une figure de style. Ce n’est pourtant pas le cas. Tout le roman est conçu autour des revenants. Ces fantômes du passé qui hantent le présent et qui occultent le futur.

Écrire cette chronique n’a pas été évident. Pourtant, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, emprunt de mysticisme, de culte animiste, de rapports complexes et entremêlés entre l’Homme et la nature.

Commençons plutôt par le début !

Le Chant des revenants est un livre à trois voix. Et oui ! Encore ! « A l’issue de mon plein gré, » ma deuxième chronique porte encore sur une œuvre dans laquelle les différents protagonistes sont tous liés, de près ou de loin, et on découvre ces liens au fil de l’histoire. Cela donne des récits entrecroisés, avec parfois des points de vue différents (répétition de l’adjectif) sur un même événement. L’œuvre en est d’autant plus riche. Surtout lorsque l’auteure aborde des thématiques âpres et complexes. La lecture devient plus facile, plus fluide, plus confortable et plus agréable. Je parviens à mieux visualiser les personnages et leurs univers.

Je disais donc… Un roman à trois voix :
La première voix est celle de Joseph dit Jojo.

Jojo est un jeune garçon de treize ans, qui se singularise par sa grande maturité. Élevé, éduqué par son grand-père, un homme fort, profondément mystérieux, vivant des fruits de sa terre. Jojo prend soin de sa petite sœur Kayla âgée de quatre ans avec amour et dévotion. Leur mère étant engluée dans des tourments, la menant à chercher l’oubli dans la drogue, le père purgeant une peine de prison.

La deuxième voix est celle de Léonie, la mère de Jojo et Kayla.

Léonie est une mère démissionnaire, droguée, hantée par le fantôme de son frère River tué en dernière année de lycée. Son amour pour Mickaël, le père de Jojo et Kayla, un homme aux antipodes de sa culture et de ses origines, l’emmène à faire des choix où la place de ses enfants est inexistante. Léonie entretient des rapports conflictuels avec ses parents. Surtout avec sa mère ancienne guérisseuse, sage-femme, dépositaire d’un savoir ancestral, qu’elle se refuse à comprendre et à accepter dans son mode de vie ancré dans des croyances mystiques et surnaturelles.

La troisième voix est celle de Richie.

Richie est un fantôme du passé de River, le grand-père de Jojo. Il est coincé entre le monde des vivants et celui des esprits car, il ne se souvient pas des circonstances de sa mort. Il s’arrime alors à Jojo en espérant que ce dernier l’emmènera vers River qui pourra le délivrer de son voyage sans fin.

Voilà pour le petit résumé !

Les personnages de ce roman s’expriment dans un langage détourné, parabolique où se mêlent métaphores et poésies, dans une sorte de créole qui peut rendre le cheminement vers la compréhension du récit difficile.

J’ai néanmoins été captivée presque envoûtée par cette lecture qui bouscule un peu mes propres croyances.

C’est presque un voyage initiatique aux confins du sein de la Grande Protectrice, mère de tous les mystères, guide des âmes tourmentées des vivants et des morts. Ces âmes arrachées brutalement à cette mère nourricière qui n’a de cesse de les pleurer et de les réclamer.

Par contre, je ne suis pas sure que ce texte se prête aisément à la traduction. Ne perd-il pas une part de son essence dans le processus ? Franchement, je ne saurais le dire ! Il faudrait que je lise la version originale pour me faire une idée.

Ce roman est sombre. Très sombre ! La mélodie de l’espoir est à peine perceptible. Le chant des souffrances passées est tellement présent qu’il enveloppe le monde dans lequel navigue les personnages dans un nuage opaque et lourd.

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai beaucoup aimé ce roman pas très gai, à l’écriture peu orthodoxe. Le style est malgré tout léger, parfois étonnamment enjoué. Ce n’est pas vrai !! Ce livre est profondément triste, sans joie. Mais l’auteure a une telle force, une telle profondeur dans l’écriture qu’elle parvient à faire oublier momentanément cette longue complainte que chante les ombres.

Pour conclure, je ne suis pas certaine que tous ceux qui seront tentés par l’aventure littéraire qu’est Le Chant des revenants seront à même de comprendre le message profond qu’il recèle. A mon humble avis, Jesmyn WARD mérite vraiment les prix qui lui ont été décernés.

Je vous invite à découvrir cet ouvrage.

Jesmyn Ward – Le chant des revenants – Editions Belfond

Ouf !! j’ai fini. c’était plutôt laborieux. Rendez-vous dans un mois pour ma prochaine chronique qui portera sur le dernier roman de Léonora MIANO : Rouge Impératrice (si je parviens à le termine)

A bientôt !!!

Baou

POÉTIQUEMENT ENVOÛTANT !!

Jesmyn Ward, Le Chant des revenants
Editions Belfond, 2019, traduit de l’américain par Charles Recoursé

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